Le refus de suivre l’ordre chronologique de la publication des dix romans (…) permet à Anita Staroń d’éviter le piège téléologique du critique omniscient qui, à l’instar du romancier balzacien, aurait tendance à reconstituer le parcours de Mirbeau à partir de son point d’aboutissement, comme s’il avait dû suivre une voie toute tracée à l’avance. Elle montre bien qu’une telle linéarité, satisfaisante pour un esprit rationnel avide d’une clarté trompeuse, n’a rien à voir avec le vécu du romancier, constamment tiraillé à hue et à dia, ni avec son mode de création, fait de tâtonnements, de collages expérimentaux et de perpétuelle remise de l’ouvrage sur le métier.